[Exposition] L’esclavage des Roms dans les principautés roumaines : cinq siècles d’esclavage oublié

Publié le : , par  Lola Audry

"166 ans après l’affranchissement des Roms d’un esclavage considéré comme étant le plus long de l’humanité, la recherche historique française et internationale sur les sociétés esclavagistes ne s’intéresse pas au cas des principautés roumaines. Le livre collectif le plus récent "Les mondes de l’esclavage", paru au Seuil en septembre 2021 et qui propose à travers les contributions de 50 auteurs et autrices de 15 nationalités différentes, une histoire inédite de l’esclavage depuis la Préhistoire jusqu’au présent ne consacre même pas un mot aux Roms de Valachie et de Moldavie.

L’histoire de l’esclavage des Roms reste niée par l’omission, par la négation de sa nature, par le fait de ne pas développer des recherches sur sa complexité, sur le nombre de ses sujets, de ses effets sur la société actuelle. Des générations d’élèves et d’étudiants, des intellectuels et des professeurs sortent des écoles sans avoir la moindre idée que la terre sur laquelle ils marchent fut autrefois esclavagiste et que les descendants des esclaves vivent aujourd’hui parmi eux."

- Petre Petcut, docteur en histoire, enseignant à ’INALCO de Paris et à l’Université de Bucarest.

Pour mieux connaître cette histoire, le Collectif Romeurope a réalisé une exposition conçue par Petre Petcut. Présentée en mars 2022 à Nantes au Château des Ducs, elle comprend 12 panneaux dont le contenu s’appuie sur différents documents historiques : récits, cartes, peintures, photos. Un 13ème panneau présente la vie dans les bidonvilles de l’agglomération nantaise.

Les panneaux historiques évoquent la réalité de cette réduction en esclavage, le regard porté par des voyageurs, la résistance tsigane, les raisons et les modalités de l’abolition (qui ne fut pas l’émancipation) et les questions de mémoire et de réparation.

Au-delà d’un récit sur des événements passés dramatiques, il s’agit d’en montrer les conséquences sur la minorité rom et de réintégrer ces populations méprisées dans notre Histoire commune.


© Petre Petcut

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