Non à l’utilisation de la définition de l’IHRA comme une arme de guerre

Publié le : , par  Sarah

Le 15 avril 2021
Par les groupes départementaux de l’AFPS dans la région Pays de la Loire

Madame la Présidente,

Il est possible que La Région des Pays de la Loire dont vous êtes la Présidente soit contactée comme d’autres collectivités territoriales pour prendre position sur la définition de l’antisémitisme par des promoteurs de la définition IHRA.
Les exemples cités à l’appui de cette définition sont particulièrement orientés pour accréditer l’idée que toute critique de la politique israélienne relève de l’antisémitisme.

Engagées dans la défense des droits du peuple palestinien, nos quatre associations combattent le racisme sous toutes ses formes dont l’antisémitisme, et font preuve d’une extrême vigilance sur ce point. Mais il est temps, il est grand temps, de faire savoir au gouvernement israélien, qui utilise la définition de l’IHRA comme une arme de guerre, qu’il n’a pas à s’ingérer dans ces questions qui nous concernent.

Nos associations saluent l’initiative de plus de 200 universitaires de différents pays, dont les États-Unis, Israël, l’Angleterre, la France, qui ont publié jeudi 25 mars la "Déclaration de Jérusalem sur l’Antisémitisme (JDA)" : https://plateforme-palestine.org/La-Declaration-de-Jerusalem-sur-l-Antisemitisme

Issue de plus de 6 mois de travaux d’universitaires engagés dans les études sur l’histoire de l’Holocauste, les études juives et les études sur le Moyen-Orient, signée par 200 personnalités dont l’audience est incontestable, cette déclaration JDA vient s’opposer aux dérives les plus graves de la définition de l’IHRA. Elle relève notamment que la critique, même radicale, du projet sioniste, est une opinion que l’on partage ou non, mais ce n’est pas en soi de l’antisémitisme. S’inscrivant dans les principes des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, elle relève aussi, en cohérence avec l’arrêt de la CEDH que le boycott, le désinvestissement et les sanctions sont des formes courantes et non-violentes de protestation politique, et ne sont pas, en soi, antisémites lorsqu’elles s’appliquent à Israël.

Sans nécessairement souscrire à tous les termes de la déclaration JDA, nos associations espèrent que sa publication mettra un terme à ces manipulations et permettra enfin à l’expression publique et démocratique de retrouver toute sa place sur la question de la Palestine, alors que le peuple palestinien vit une situation dramatique face à la colonisation, au blocus, à l’exil et à la négation de ses droits.
Dans le même registre, nous vous joignons l’appel de 127 intellectuels juifs publié en 2019.

Nous sommes bien sûr prêt.e.s à vous rencontrer si vous le souhaitez pour échanger sur cette importante question.

Avec nos salutations distinguées.

Signataires : les groupes départementaux de l’AFPS dans la Région Pays de la Loire : AFPS44, AFPS49, AFPS72, AFPS85.

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