Ce que la pensée décoloniale peut apporter à l’ECSI

Publié le : , par  Étienne

Décriée, dénoncée, la pensée décoloniale est surtout mal comprise et caricaturée par ses adversaires. Elle n’en demeure pas moins un levier puissant pour renouveler les réflexions et les pratiques de l’éducation populaire et de l’ECSI, en matière de lutte contre les oppressions, les inégalités et les injustices. Les concepts d’« intersectionnalité », de « racisation » et la dimension systémique des oppressions remettent autant en question nos pratiques pédagogiques elles-mêmes que leurs finalités politiques. La place des « premier·ères concerné·es » dans nos organisations et nos actions met en lumière les enjeux de pouvoir et de domination qui se retrouvent dans l’accès à la parole, à la visibilité médiatique, aux positions d’influence ou de décision. C’est peut-être ce côté « boîte de Pandore » qui suscite autant d’inquiétude et de rejet. Pourtant les inspirations internationalistes et altermondialistes de l’ECSI ne sont pas si éloignées de celles de la pensée décoloniale et tendent à un même objectif : l’émancipation collective et la transformation sociale, aux échelles locale, nationale et mondiale, pour un monde juste, solidaire, durable, respectueux des droits humains et de l’environnement.

La dernière publication Du côté de l’ECSI de ritimo propose quelques outils pour intégrer ces nouvelles approches à nos pratiques d’intervention pédagogique.

En complément, vous trouverez ci-dessous des ressources présentes à la MCM ou accessibles sur Internet.

Disponibles à la Maison des citoyens du monde

Découvrez notre sélection mensuelle d’outils pédagogiques ici.

Quelques outils phares :

-  Mémoires des outre-mers en Pays de la Loire et Poitou-Charentes(exposition) : Si les taux de populations “issues des Suds” dans ces deux régions restent inférieurs à la moyenne nationale, elles sont néanmoins riches en événements sur la mémoire et le passé colonial, ainsi que sur l’histoire de leurs immigrations des Suds, à travers le développement d’un tissu associatif très actif et l’organisation de nombreux festivals interculturels.

- Racismes au microscope (exposition) : Cette exposition rappelle les débats qui ont traversé les sciences à propos de la définition des "races humaines". Elle montre que ce débat croise celui, beaucoup plus large, sur les Droits de l’Homme et que, dans cette élaboration, l’avis d’un scientifique égalait celui de tout autre citoyen. La division de l’humanité en "races" est aujourd’hui remise en cause et rien ne permet d’affirmer que les traits distinctifs des populations sont des signes de supériorité ou d’infériorité.

Sur Internet

- Le jeu du pas en avant : très simple à mettre en place en groupe, ce jeu met en évidence les inégalités associées à des positions sociales respectives, notamment dans le cumul d’oppressions ou de privilèges. De nombreuses versions du jeu adaptées à différents thèmes existent sur Internet, comme par exemple cette « version carcérale ».

- L’exercice des couvertures : venue du Canada, cette animation permet d’aborder l’histoire de la colonisation de ce pays du point de vue des populations autochtones, progressivement dépossédées de leurs territoires.

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