Revenir d’un projet de solidarité internationale Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale

Publié le : , par  Sarah

De retour de votre projet, vous revenez des idées plein la tête. Certaines de vos certitudes ont été bouleversées et sans doute vous trouvez-vous un peu en décalage avec votre entourage qui ne comprend pas forcément ce que vous avez pu voir et vivre ?
Comment mettre cela en mots, en images, en actes afin de partager votre expérience, participer à informer et sensibiliser autour de vous, sans bien sûr verser dans les clichés et le renforcement des stéréotypes ?

Par ailleurs, la plupart de vos financeurs, entreprises et/ou écoles vous demandent de faire un « retour de projet » pour leur public cible ; le CLAP de la Ville de Nantes vous demande d’en faire un à destination des jeunes nantais·es, le FSDIE à destination des étudiant·es, votre école pour les élèves de votre cursus, les fondations d’entreprises pour vos collègues, etc.
Vous avez, à ce moment-là, une variété de choix très importante quant à la forme et au contenu, qui doit bien sûr s’adapter au public cible. Vous ne mettrez en effet pas les mêmes éléments en avant face à votre financeur que face à vos collègues de promotion.

Quelques pistes pour imaginer et réussir votre retour de projet

Le retour de projet se prévoit… avant le départ ! En effet, il peut demander de la préparation et de l’anticipation : vous aurez sans doute besoin de mener des recherches préliminaires, d’obtenir du matériel, peut-être même de vous former sur un support ou sur des méthodes (interview, montage, ...)
Et une fois sur place, à réaliser votre voyage solidaire, vous n’aurez plus le temps de penser à tout ça ! Il faut donc anticiper autant que possible afin que le retour de projet soit réussi.

Le contenu

- Axez-le plutôt sur votre vécu, vos sentiments, vos changements personnels, vos sources d’apprentissages, une réalité rencontrée lors du voyage, des témoignages recueillis, plutôt que sur un retour purement technique et objectif du projet (sauf pour les partenaires financiers, éventuellement). Mettez en avant « ce que cette expérience a changé dans votre vie, ce que vous avez envie d’en dire… ». Le projet en lui-même (la destination ou l’itinéraire, les réalisations techniques, les financements, etc…) vient en second plan.
Cela peut porter sur toutes sortes de sujets, liés directement ou non à votre projet !

- Faites ressortir 2-3 messages que vous voulez faire passer à votre entourage, à votre public.

- Soyez attentif·ves à ne pas colporter et amplifier des clichés ; prenez le temps de l’analyse de ce qui a été vécu.

- Inspirez-vous des objectifs de l’Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) qui sont expliqués plus bas.

La forme

Vous avez une énorme liberté sur la forme ! Ici, nous ne ferons donc que vous donner des exemples de projets déjà réalisés afin de vous aider à trouver des idées originales.

- Les classiques : expos photos, vidéos, diaporamas descriptifs du projet.
- Des ateliers du goût pour faire découvrir l’art culinaire du pays.
- Une « con(te)férence » pour parler de la parenté à plaisanterie au Burkina Faso (Lucie Auneau).
- Reportage sur les low-tech en Amérique du Sud afin de s’en inspirer ici, en France, où ces technologies sont encore peu répandues (Exploratices Low-Tech).
- Reportage sur la place de l’interculturalité dans la maternité en croisant les regards de deux infirmières, une guinéenne et une française (SAFI).
- Création d’un Festival du voyage engagé (On The Green Road).
- Création d’un jeu de société sur la souveraineté alimentaire qui s’appuie sur des entretiens réalisés auprès de paysan·nes et professionnel·les de l’agriculture en Colombie (ISF Bordeaux – Colombi’Alim)
- Réalisation d’entretiens de Français·es et Togolais·es pour aborder les représentations des un·es et des autres sur les pays et cultures de chacun.e.s et sur la solidarité internationale, ensuite compilés dans deux livres : le premier à destination des enfants et le second pour les lycéen·nes et les adultes.

Et tant d’autres possibilités encore !

Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale : ECSI

Cette présentation de retour de projet peut rentrer dans ce qu’on appelle Éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.

Qu’est ce que l’ECSI ?

L’ECSI vise à faire comprendre les interdépendances entres les différents pays du monde dans un contexte mondialisé, afin d’expliquer aux citoyen·nes la complexité des mécanismes qui engendrent des inégalités économiques, sociales et surtout à réfléchir à des moyens de construire un monde plus solidaire et équitable.

C’est donc une pédagogie qui vise dans un premier temps à informer sur des problématiques rencontrées à des niveaux très locaux, et pourtant souvent liées à des enjeux internationaux. C’est ce lien entre le local et la raison internationale qu’il s’agit de faire comprendre dans un second temps. Enfin, quand les citoyen·nes ont pris conscience du problème et compris ses enjeux, l’objectif de l’ECSI est de tenter de les faire passer à l’action pour, ensemble, changer nos habitudes individuelles et collectives.
La démarche de l’ECSI peut être résumée ainsi : « s’informer – comprendre - agir ».

Voici la définition de l’ECSI par la plateforme Educasol :
« L’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale permet à chacun de comprendre les mécanismes d’interdépendance et d’exclusion dans le monde, de prendre conscience de l’importance d’une démarche citoyenne ayant pour but de favoriser une solidarité entre les territoires, les générations, les groupes sociaux… et d’agir pour la construction d’un monde solidaire. »
Cette plate forme n’existe malheureusement plus, mais de nombreux·ses acteur·rices s’y réfèrent toujours.

Les changements visés par l’ECSI se déclinent en termes :
- de savoir (comment fonctionne le monde)
- de représentations (notre regard sur le monde)
- d’attitudes (savoir-être, valeurs, postures)
- de comportements et de savoir-faire (manières d’agir)

Les différent·es acteur·rices de l’ECSI se sont retrouvé·es autour d’une charte de l’ECSI.

Quelques exemples de projets d’ECSI

Au local

- Les Crok’ le Monde de l’association étudiante Anophele : il s’agit de soirées ayant pour prétexte la nourriture et pour objectif la découverte de différentes cultures du monde, à destination des étudiant·es du pôle santé de la faculté de Nantes. Chaque soirée est constituée d’un repas typique préparé par des bénévoles originaires du pays présenté, qui se chargent également de faire une intervention sur la culture, les coutumes, l’histoire, etc du pays en question.

- Le WESI (Week-end d’échanges autour de la solidarité internationale) : fin 2019, l’association étudiante Orth’au Bout du Monde a organisé au pôle étudiant deux jours de formation autour de la solidarité internationale, en faisant intervenir des professionnels et de jeunes voyageurs pour animer des ateliers et parler de leurs expériences.

- Les lectures arpentages : Cela consiste à lire un livre à plusieurs ; chacun·e se voit attribuer une partie d’un livre et doit ensuite la présenter au reste du groupe afin que tout le monde ait les éléments principaux véhiculés par l’ouvrage.

Au national

- Les projets récompensés par le PIEED (Prix des initiatives Engagé.e.s et Déterminé.e.s) : Vous pouvez retrouver tous les projets récompensés par ce prix ces dernières années ici.

Où valoriser votre retour de projet et vos actions d’ECSI ?

Le Festisol : depuis 20 ans, la Semaine de la Solidarité Internationale (rebaptisée Festival des solidarités depuis 2017) offre un espace à toutes celles et tous ceux qui souhaitent agir ensemble pour sensibiliser à la solidarité internationale. Au fil des années, plus de 2 000 structures de tous types (associations, établissements scolaires, collectivités locales, centres sociaux ou culturels, etc…) ont rejoint des collectifs Festisol sur tout le territoire français et même au-delà. Le Festisol a lieu tous les ans au mois de novembre, dans toute la France !

L’Université d’été des mouvement sociaux et des solidarités : c’est un événement itinérant qui a lieu tous les deux ans. En 2020, il se tiendra à Nantes du 19 au 23 août ; une belle occasion pour rencontrer des acteur·rices des solidarités internationales et locales, qui ne se représentera pas tout de suite !

Le festival de films AlimenTERRE : organisé au niveau national depuis bientôt 15ans, ce festival est coordonné au niveau local par l’association Guinée44. AlimeTERRE amène les citoyen·nes à s’informer et comprendre les enjeux agricoles et alimentaires en France et dans le monde, afin qu’il·elles participent à la co-construction de systèmes alimentaires durables et solidaires et au droit à l’alimentation.

La Quinzaine du commerce équitable : c’est le temps fort de mobilisation et de sensibilisation autour des enjeux liés aux consommations responsables, notamment la juste rémunération et la valorisation des petits producteurs. C’est l’occasion de réunir tous les acteur·rices du commerce équitable, des entreprises aux associations en passant par les collectivités et les militants !

→ Plus globalement, tous types d’événements de valorisation des cultures du monde, ainsi que les programmations culturelles des maisons de quartier, des bibliothèques municipales…

→ Partout, tout le temps : une salle, un bar, la rue, un repas de famille… ! Tous les lieux sont propices aux échanges, à l’information et à la sensibilisation autour de la citoyenneté et de la solidarité internationale ! Il faut bien sûr adapter la forme au lieu et au public.

Et bien sûr, plein d’autres encore... Il ne manque plus que les vôtres !

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