Retour sur la 5ème biennale de l’éducation

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Cet article a été écrit par un ReporteR MCM.
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La 5ième biennale de l’éducation, qui s’est déroulée à Nantes les 8 et 9 avril 2015, avait pour thème « La ville, espace d’éducation pour construire son parcours de vie ». _ Elle s’est déroulée au lycée international Nelson Mandela avec la participation active de ses lycéens pour accueillir et orienter les participants.

Retour sur la journée du 9 avril

Le 9 avril, à l’issue de la conférence de Francine Labadie, chef de projet Observatoire de la Jeunesse et des Politiques de Jeunesse sur le thème « Jeunes et Territoires : quels enjeux aujourd’hui », une table ronde s’est tenue en présence de :

  • Patrick Kanner , Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports,
  • Nicolas Martin, Adjoint à la Jeunesse de la ville de Nantes
  • Chantal Lévy, proviseur du Lycée Nelson Mandela
  • Moustapha Naïté, Ministre de la Jeunesse et de l’Emploi en Guinée Conakry
  • Une représentante des Francas
  • Philippe Grosvalet, Président du Conseil Départemental de Loire Atlantique

Ils ont débattu des thèmes issus de la conférence : l’école, lieu de socialisation parmi d’autres, le pouvoir d’agir ou "empowerment", la ville comme échelon territorial pertinent.
Concernant l’école comme lieu de socialisation parmi d’autres, Chantal Lévy pose en préambule que, pour un jeune, le sentiment d’appartenance à un lieu, quel qu’il soit, est essentiel et que l’école est un bastion contre lequel il peut se révolter. Elle a attaché de l’importance à tisser des liens entre le lycée et le quartier.
Pour Nicolas Martin le collège est le seul lieu où l’on est sûr de pouvoir retrouver tous les adolescents.
P. Kanner parle pour sa part d’une conscientisation du chef d’établissement et de son équipe pédagogique, de l’implication des institutions territoriales, qu’il s’agisse de la région, du département, des élus, des parents.
Pour M. Naïté, cette nouvelle génération d’adolescents est de plus en plus sur les réseaux sociaux, ce qui façonne leur façon de penser et élargissent les territoires. En Guinée, les jeunes adolescents malgré la pauvreté ont tous des smartphones et sont connectés partout dans le monde.
Sur le pouvoir d’agir ("l’empowerment") Nicolas Martin pose d’abord la question de l’envie d’agir et des valeurs sociétales. Vient ensuite la question de la lisibilité de ces valeurs par les jeunes. Il est par ailleurs primordial de leur faire confiance, d’être à l’écoute, de co-construire, de montrer les talents et les projets qui ont réussi. Les jeunes doivent aussi expérimenter et pouvoir se tromper. Se pose également la question de la responsabilité, avoir la capacité d’agir et l’égalité d’accès de tous les territoires (urbains, ruraux, périphériques) et celle des situations, sociales, culturelles…
La représentante des Francas est très interrogative sur "l’empowerment", concept venu du Nord, très proche des valeurs portées par les associations d’éducation populaire. Il faut tisser des liens entre apprendre et exercer. Le pouvoir d’agir doit s’installer dès le plus jeune âge. Pour les collectivités, il faut pouvoir entendre, écouter, remettre en questions les politiques publiques, faire de la place à ce qui n’est pas écrit, cela prend du temps, c’est une révolution.

P. Kanner conclut cette table ronde.
"Un adolescent est un justiciable mais n’est pas un citoyen".
La réponse des pouvoirs publics est de faire confiance, de prendre des mesures générales et de favoriser une mobilité internationale.
Il rappelle un fondement important de l’action des Francas "pour la jeunesse, il ne faut pas tracer un chemin mais ouvrir les routes".
Pour aller dans ce sens, le gouvernement a débloqué des budgets : 50M€ en 2015, 100M€ en 2016.
Le ministre croit en une action partagée mais dans une démocratie collaborative plutôt que participative. Le véritable changement de paradigme se situe dans la capacité à faire de la place à des jeunes qui sont en relégation. 20% de la population française vit en zone rurale et est ignorée par la ville. Il faut également réinvestir les quartiers prioritaires où l’éducation populaire n’existe plus. Tout cela implique une nouvelle donne entre l’État, les collectivités territoriales et le secteur associatif.
Cela fait écho aux propos tenus dans la deuxième table ronde de cette journée dont la conclusion était le besoin de transversalité et de nouvelles formes de coopérations entre les différents acteurs du territoire.
Najat Vallaud Belkacem, Ministre de l’éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a clôturé cette biennale en rappelant les actions de l’État sur différents plans : l’université populaire, la réforme du collège, les parcours pour lutter contre les différentes formes de discrimination et l’engagement de l’État dans "une réforme sociale vibrante".

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