Après Charlie, quels défis pour la société civile française ?

Publié le : , par  Stephanie LANDAIS

Sommaire de l’article

Après l’émotion, quelles analyses ?
Des voix s’élèvent contre les stigmatisations
Le rôle fondamental de la société civile

Après l’émotion, quelles analyses ?

Suite aux événements tragiques qui se sont succédé depuis le 7 janvier 2015, Ritimo a recensé des textes qui, au-delà de l’émotion, nous donnent des clés pour comprendre ce qui a conduit à l’inacceptable et portent des réflexions face à la complexité de la situation et de ses implications. Ce travail d’analyse est nécessaire pour ne pas tomber dans des discours de stigmatisation de l’autre, dans le tout sécuritaire et dans la peur, et participe à notre capacité à construire une société solidaire, égalitaire, juste et respectueuse des libertés fondamentales.

Dans une tribune d’Altermondes Plusieurs choc emmêlés, Gustave Massiah, figure du mouvement altermondialiste, s’interroge sur les différents chocs provoqués par ces événements (« un journal décapité, des dessinateurs et des journalistes, la liberté d’expression, le droit à l’humour bête et méchant, l’islamophobie, le retour de l’antisémitisme, les conséquences, la peur d’un monde qui implose. Tout se mélange et rend ce cocktail explosif ») et leurs conséquences.

Le philosophe Patrick Viveret nous alerte dans son texte Ne nous trompons pas de combat ! car une réponse sécuritaire ne pourra que renforcer "la logique de peur et le repli identitaire [et] faciliterait encore davantage la lepénisation des esprits".

Le chercheur spécialiste de l’islam Olivier Roy s’interroge sur La place des musulmans en France dans les discours. Il revient sur le terme "communauté musulmane", basé sur un imaginaire politique musulman et pointe d’autres menaces, celles de "l’islamophobie et l’exclusion qui peuvent expliquer, sans l’excuser, la radicalisation des jeunes".

Le site d’information Basta ! a choisi quelques thèmes - peur, terrorisme, prison, amalgame, désolidarisation... - pour tenter de comprendre ce qui se joue actuellement : Après l’émotion et la mobilisation, quels défis pour la société française et la défense des libertés dans le monde ?

Dans son texte Caricatures et liberté d’expression : le choc des hypocrisies, le chercheur à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) Karim Emile Bitar propose une analyse très claire entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité pour expliquer les différentes interprétations de la liberté d’expression. Il invite tous les intellectuels à s’engager pour changer les mentalités de leur camp en expliquant que « le véritable courage consiste à défendre la liberté d’expression des "autres" et non pas celle des "nôtres" ».

Un groupe d’universitaires en appelle à « l’analyse profane de la violence politique ». Dans leur analyse Qu’est-ce que ça fait d’être un problème ?, les auteurs observent le glissement dans les discours politiques et médiatiques : « Après le "problème de l’intégration des immigrés", nous sommes passés au "problème musulman", dont l’enjeu est pourtant identique : ont-ils la légitimité de vivre sur le territoire français ? » et donnent des clés de compréhension sur les sources de la violence politique.

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