Trois questions à Aliou Sané, leader sénéglais du mouvement Y’en a marre

Publié le : , par  Stephanie LANDAIS

Aliou Sané ou le « droit à l’essentiel »

Ce journaliste et leader du mouvement Sénégalais Y’en a marre milite pour que des citoyens éclairés s’emparent de la politique. Il est l’invité des coordinations et collectifs d’associations de Solidarité Internationale des Pays de la Loire pour les Semaines de la Solidarité Internationale 2013.

Qu’est ce que le mouvement Y’en a marre ?
On a créé ce mouvement de citoyens en 2011 pour protester contre le système politique du président Abdoulaye Wade. Il est né dans une chambre de la banlieue de Dakar. Il y avait des journalistes, des rappeurs… Notre action a été très médiatisée à l’époque. Mais aujourd’hui, le plus important est de faire en sorte que cette dynamique soit pérenne. On aimerait former partout au Sénégal des citoyens avertis. On veut créer un observatoire populaire citoyen. On a un réseau de 185 esprits dans tout le pays. Les esprits, ce sont des jeunes et des moins jeunes, des hommes mais aussi des femmes qui jouent le rôle de sentinelles de la démocratie. La force de Y’en a marre, c’est sa diversité : il y a des marchands ambulants, des ouvriers, des artistes, des agriculteurs…

Quels leviers peuvent-ils actionner ?
Ça peut être la préservation du cadre de vie, par exemple. Au Sénégal, des gens urinent dans la rue, jettent leurs déchets au sol. Mais aussi la gestion des deniers publics. L’idée, c’est que chacun essaie de voir les problèmes de sa localité et se demande ce qu’il peut faire. Et qu’il y ait des exigences face aux autorités locales. On veut que les citoyens arrêtent de tout attendre les bras croisés !

Pourquoi ce combat ?
"Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir", disait Frantz Fanon. On a estimé qu’on avait une responsabilité et qu’il ne fallait pas qu’on déserte. Le Sénégal en vaut la peine. Je pense qu’il faut se battre pour l’essentiel. Faire en sorte que les ressources soient redistribuées, que les femmes ne meurent plus en accouchant, que le cultivateur puisse vendre ses récoltes et que l’élève qui a eu son bac avec brio soit aidé un minimum par l’état pour réussir l’université. C’est la priorité. Et, à terme, notre objectif est de faire émerger des leaders Y’en a marre.

Propos recueillis par Vanessa Ripoche et diffusé dans Ouest France du 19 novembre 2013, rubrique Régionale page 6.

Aliou Sané était à Nantes du 13 au 17 novembre, est en Maine et Loire jusqu’au 21 novembre avec une intervention publique le 20 novembre à 20h30 à l’université Saint Serge (espace culturel) et sera en Sarthe du 21 au 23 novembre.

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