Gestion de l’eau : quelles places des citoyens ?

Publié le : , par  Audrey

Dans le cadre des Semaines de la Solidarité Internationale, la commission Eau de la Maison des Citoyens du Monde est à l’initiative de cette table ronde.

Deux visions de l’eau s’opposent : celle qui la considère d’abord comme un bien marchand et celle qui voit, dans l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, un droit fondamental parce qu’elle est nécessaire à la vie. L’Assemblée générale des Nations unies a affirmé en 2010 l’existence d’un droit à l’eau et reconnu cette ressource comme un bien commun de l’humanité. Pour autant, l’appropriation et le contrôle de l’eau, inégalement répartie sur les différents continents et au sein même des territoires, en font un enjeu à la fois économique (alimentation, santé), politique (éducation, souveraineté alimentaire, paix et sécurité territoriale…) et environnemental.

Afin d’assurer une meilleure distribution de l’eau au plus grand nombre au niveau local, les Etats transfèrent de plus en plus leur compétence sur l’eau et l’assainissement aux autorités locales, transfert qui n’est pas toujours accompagné d’un soutien financier. Dès lors, il revient aux autorités politiques locales de s’interroger sur le mode de distribution de l’eau qu’ils souhaitent mettre en œuvre sur leur territoire : régie publique, régie privée, partenariats publics/ privés ?
Dans ces transferts la place du consommateur se résume souvent à un débat sur les prix du service mais le citoyen reste trop souvent éloigné des processus décisionnels qui déterminent pourtant largement les prix des services rendus en matière d’eau et d’assainissement.

C’est sur le rôle et les formes de mobilisations citoyennes pouvant favoriser l’amélioration des services d’eau et d’assainissement que cette conférence propose de se concentrer.
Alors que parfois la participation citoyenne est favorisée par les institutions elles-mêmes au travers de consultations dans une perspective de remunicipalisation de l’eau, dans d’autres cas, pour lutter contre les dynamiques de marchandisation de l’eau, les citoyens ont dû se mobiliser contre les autorités pour faire valoir leur droit à l’eau et à l’assainissement et exiger des cadres plus démocratiques. Dans la perspective d’illustrer ces différentes formes de mobilisation, la MCM réunira des acteurs venus aussi bien d’ici que de là-bas, donnant corps au caractère universel de ce droit.

En présence d’Emmanuel Poilane de France Libertés, Patrick Mao Dongmo Solefack de l’agence municipale de l’eau et de l’énergie de Dschang (Cameroun), partenaire de Nantes Métropole et de Lamine Ba d’Eau Vive Sénégal.

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