Retour sur la projection-débat : « Manger ou conduire : Faut-il choisir ? »

Publié le : , par  Stephanie LANDAIS
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Mercredi 14 novembre, la MCM, le Programme Lascaux, Coopération Atlantique et le CFSI ont diffusé le film de la sélection AlimenTerre « la face cachée des agrocarburants ». La projection a été suivie d’un débat avec Anne-Françoise Taisne (CFSI), Léa Winter (FIAN, combattre la faim par les droits), Frédéric Mousseau (Oackland Institute) et Hugo A. Munoz Urena (Université du Costa Rica).

Agrocarburants : au Brésil, le calvaire des Guaranis
Article publié sur le site de Ouest France le 19/11/2012 par Thierry Ballu

« Au Brésil, la culture de la canne à sucre, vouée aux voitures, est une calamité pour les communautés indigènes. Elles sont chassées de leurs terres par les fermiers et les grandes compagnies.
Des sucreries qui se goinfrent de canne à sucre. Des agriculteurs qui rasent la forêt et étendent les surfaces cultivées. Des investisseurs comblés à São Paulo, New York, Bruxelles, Paris, ou Pékin. Après la crise des subprimes, ils préfèrent mettre leur argent dans les produits agricoles, le sucre… et l’éthanol.
Bienvenue au Brésil. Un des premiers pays à avoir relevé le pari des biocarburants. Il en met 20 % dans les réservoirs de ses autos. Ce qui lui vaut d’avoir longtemps caracolé en tête des exportateurs mondiaux avant d’être rétrogradé ces dernières années du fait de mauvaises récoltes. Mais la décision des États-Unis de ne plus subventionner son éthanol de maïs laisse augurer un nouveau coup d’accélérateur pour l’export.

La face cachée des agrocarburants

"Les biocarburants, c’est une nouvelle ère pour l’humanité", a dit Lula en signant un accord de fourniture avec les USA en 2007. L’envers du décor a été planté au Mato Grosso do sul. Dans cette région où ils ont longtemps vécu de chasse et de culture vivrière, en harmonie avec la nature, la vie des Indiens Guarani-Kaiowa est devenue un enfer. " Ils sont expulsés de leurs terres, y compris celles reconnues territoires indigènes par décret présidentiel ", explique Léa Winter, coordinatrice de l’Observatoire du droit à l’alimentation et à la nutrition basé à Genève et éditeur d’une publication annuelle.
Réalisé en 2008, à l’initiative de l’observatoire, un court-métrage, intitulé La face cachée des agrocarburants, montre la machinerie infernale. Le territoire des populations autochtones qui se restreint. Leur concentration dans des bidonvilles au bord des routes ou la concentration dans des réserves… Réservoirs de coupeurs de cane exploités et d’enfants sous alimentés au point de mourir de faim. "La très grande majorité dépend de l’aide de l’État, mais elle n’est pas suffisante", rapporte Léa Winter, qui s’est rendue sur place. "La situation est vraiment horrible. Les chefs et les gens qui tentent de résister sont assassinés. Les taux de suicides augmentent", assure la coordinatrice.

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_ "L’une des solutions consiste à délimiter précisément le territoire des Guarani", préconise Antoine Brant, universitaire brésilien dans La face cachée des agrocarburants. Refus des propriétaires. "Si on retourne à l’origine des civilisations, il faudra rendre tout le Brésil aux indigènes", réplique cyniquement le porte-parole d’une association de propriétaires.
La situation des Guaranis ne risque pas de s’arranger au vu des dernières décisions : "En juillet, un décret a encore facilité l’emprise des cultures. Désormais, elles peuvent se faire sans limite", se désole Léa Winter. »

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