Retour sur la Conférence "Eau et agriculture, un enjeu mondial : illustration avec la situation en Palestine"

Publié le : , par  Stephanie LANDAIS

Lundi 12 novembre, la MCM et l’Association France Palestine Solidarité ont organisé un temps d’échanges autour de l’eau et de l’agriculture avec la participation de David Blanchon, maître de conférence à l’université de Nanterre et de Raëd Abu Yussef, président d’une coopérative agricole d’Hébron en Palestine.

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David Blanchon a rappelé l’importance de l’eau dans l’agriculture (70% de l’eau consommée). Il y a en effet un lien très fort entre irrigation et agriculture et on se trouve confronté aujourd’hui à 3 grands défis : préserver l’environnement, nourrir les hommes et préserver les savoir-faire par une agriculture paysanne. Des avancées techniques comme le goutte à goutte permettent de réduire l’utilisation de l’eau jusqu’à 60% en maintenant la production. Mais vouloir adapter partout le même modèle n’est pas une solution : la préservation de techniques paysannes durables est souvent plus efficace et pourrait limiter la valorisation de l’eau, dictée par la logique économique capitaliste. En effet la valeur de l’eau est évaluée en fonction du coût de revient du produit (dollar/m3). L’eau utilisée dans l’industrie minière a donc aujourd’hui plus de valeur que celle utilisée dans l’agriculture…

Raëd Abu Yussef connait bien la valeur de l’eau : si lui et son peuple pouvaient retrouver l’indépendance quant à son accès, c’est en fait une part de liberté qu’ils retrouveraient. Ils pourraient cultiver, se nourrir, se laver… vivre tout simplement. Depuis 1967 et l’occupation de la Palestine, l’eau (même de pluie) appartient à l’Etat israélien. Pour bénéficier de l’eau, malgré un réseau de canalisation existant, les palestiniens doivent payer pour remplir des réservoirs, dont la livraison ne se fait que le vendredi. Six Palestiniens consomment en fait l’équivalent en eau d’un Israélien. Quant à l’agriculture, les paysages palestiniens et israéliens parlent d’eux-mêmes : un paysage désertique avec un choix minutieux des espèces à cultiver qui nécessitent peu d’eau contre une végétation luxuriante où l’irrigation coule à flot et les productions les plus demandeuses d’eau ne sont pas un problème. En réalité, cela devient un problème car les nappes phréatiques s’assèchent, elles sont remplies par de l’eau de mer, qui à termes brûle les terres.
Même avec très peu d’eau, cultiver la terre devient un acte de résistance pour les Palestiniens, qui se voient confisquer leurs parcelles si elles ne sont pas cultivées pendant 3 ans.

Là encore, on note que manger c’est décider ! On peut par exemple décider de ne pas acheter de produits israéliens afin de soutenir le peuple palestinien et décider quelle agriculture on veut soutenir pour garantir notre santé et préserver l’utilisation des ressources, notamment de l’eau !

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