Droit de manifester : communiqué de l’ONL

Publié le : , par  Amélie Prins

Observatoire nantais des libertés

Communiqué

Nantes, le 19 avril 2018

Toujours respecter le droit de manifester

L’Observatoire Nantais des libertés (ONL) est présent aux différentes manifestations, quelque soit le sujet, afin d’observer l’exercice du droit de manifester.

Une manifestation était appelée et autorisée le samedi 14 avril à 16h30 place du Cirque « en soutien à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes » ; y participaient environ 7000 personnes. Elle a été arrêtée à l’angle Duchesse Anne/rue Henri IV avec des jets de projectiles par des manifestants situés en tête, les forces de l’ordre ont répondu par le lancer de grenades et l’utilisation d’un canon à eau. Ensuite, la manifestation a été enserrée par des forces de police venant de la gare, de Commerce, des rues du Bouffay, des Petites Écuries et de Strasbourg. Il est apparu que les forces de l’ordre voulaient disperser la manifestation à cet endroit. Échanges de projectiles et grenades lacrymogènes ou de désencerclement se sont poursuivis dans cet espace entre Bouffay et le Château. Une grande partie de la manifestation a été noyée dans des nuages de lacrymogène. Des manifestants, des badauds aussi se sont réfugiés dans des commerces. Les forces de l’ordre ont utilisé trois canons à eau ; de nombreuses personnes ont été arrosées. Les manifestants étaient ainsi incités à partir par la rue de la Paix ou vers le CHU.
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Les échauffourées se sont poursuivies avec certains des manifestants dans le centre ville, de Commerce à Graslin, jusque vers 20h. Des pavés ont été descellés des voies du tramway entre le Château et Bouffay pour servir de projectiles, plusieurs vitrines et du mobilier urbain brisés, des poubelles et objets incendiés sur les voies de tramway notamment ainsi qu’une cabane de chantier… Il semble qu’heureusement, il n’y ait eu que des blessés légers de part et d’autre.

L’ONL a été alerté par différentes personnes présentes à la manifestation qui n’ont pas compris pourquoi de nombreux participants pacifistes ont notamment subi des gaz lacrymogènes. L’ONL s’inquiète du fait que les comportements de certains manifestants puissent légitimer un blocage de l’ensemble d’une manifestation de plusieurs milliers de personnes qui n’a pu durer qu’une demi-heure et parcourir moins d’un kilomètre, de la place du Cirque au Château. Sauf erreur, cette situation constitue un précédent pour Nantes. Pourquoi n’a-t-il pas été permis, comme il est d’usage un parcours dans la ville, via les rues Henri IV et Sully - ou rue de Strasbourg s’il apparaissait compliqué de faire circuler une grosse manifestation le long de la fête foraine. Une autre manifestation appelée le même jour à 14h30, même si elle avait été empêchée d’aller devant le CHU, avait pu faire la boucle souvent empruntée ces derniers mois.

Pour l’ONL, ces situations forment une atteinte au droit de manifester pour les participants pacifistes à cette manifestation.

Les personnes qui veulent manifester paisiblement doivent pouvoir le faire librement et en sécurité. Préfecture et police ont la double mission de protéger les personnes - passants, usagers des espaces publics comme manifestants - et les biens ainsi que de faire respecter les libertés publiques dont le droit de manifester en accomplissant cette mission de service public de manière proportionnée et adaptée. Elles doit en assurer la sécurité publique et tendre à stopper les actions illégales des quelques groupes ou individus identifiés pour que les citoyens puissent manifester en toute transparence leur mécontentement quel que soit le sujet.

Personne ne nie que cette manifestation a vu une amplitude particulière d’affrontements avec la police et de dégradations de biens privés et publics. L’ONL réitère sa mise en garde contre les risques que font encourir, pour toutes les personnes - manifestants et policiers -, l’escalade de la tension. Et enfin, l’Observatoire Nantais des Libertés redoute que ces situations aient pour effet de dissuader les personnes de participer à des manifestations de rue. Pourtant, pouvoir contester collectivement ce que l’on estime injuste, quelque soit le sujet, c’est exercer une liberté publique fondamentale.

L’Observatoire nantais des libertés avec les associations Association Républicaine des Anciens Combattants, Attac, Droit au logement, France Palestine Solidarité, Ligue de l’Enseignement-Fédération des Amicales Laïques, Ligue des droits de l’Homme, Maison des Citoyens du Monde, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, Mouvement National de Lutte pour l’Environnement, Syndicat de la Médecine Générale, Syndicat des Avocats de France, Tissé Métisse. ONL@rezocitoyen.net

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