Que fuient les réfugiés afghans ? Zoom d’actualité

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Publié sur le site de Ritimo, le 13 octobre 2016, par Forum Réfugiés-Cosi , LE GAL Géraldine

En France, le nombre de demandes d’asile de ressortissants afghans a augmenté en 2015 de 349,6%. 31e au rang des pays de provenance des demandeurs d’asile en 2014, l’Afghanistan se hissait ainsi au 10e rang en 2015. En 2016, cette augmentation perdure. L’Afghanistan est par ailleurs le premier pays de provenance des mineurs non accompagnés (ou mineurs isolés étrangers). Pourtant, la couverture médiatique de l’Afghanistan est faible, laissant supposer que depuis le départ des troupes de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) en 2014, la situation sécuritaire se serait stabilisée. Au contraire, ces deux dernières années, les victimes civiles n’ont jamais été aussi nombreuses que depuis 2009, et les Talibans progressent sur le terrain.

Sommaire de l’article

Aperçu de la situation des réfugiés afghans dans le monde
Une situation sécuritaire qui se dégrade

Le terme « réfugié » ici s’appliquera pour décrire les personnes migrantes, sans considération d’un statut juridique acquis ou non. Pour rappel, le statut de réfugié est délivré par les autorités d’un Etat ou à défaut par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Un individu ayant déposé une demande de statut de réfugié est « demandeur d’asile » dans l’attente d’une décision le concernant. On dit qu’elle est « déboutée de sa demande d’asile » si celle-ci n’aboutit pas favorablement. Une personne migrante est quelqu’un qui a quitté son pays pour un autre que ce soit pour des raisons professionnelles, économiques ou pour fuir un conflit ou des persécutions.

Aperçu de la situation des réfugiés afghans dans le monde

La « crise migratoire » décrite dans les médias français et européens se limite souvent à mettre en avant le nombre d’arrivées de réfugiés, à décrire le parcours difficile de ces « migrants », et à envisager les conséquences et les difficultés du fait de ces arrivées pour les pays d’accueil. Moins de sujets sont consacrés aux raisons de l’exil de ces milliers de personnes et donc aux situations dans les pays d’origine des réfugiés.

Selon les estimations, plus de 2 millions d’Afghans seraient réfugiés au Pakistan, près d’un million seraient en Iran : l’Iran et le Pakistan sont les deux pays qui accueillent le plus de réfugiés de cette nationalité. Dans ces deux derniers pays cependant, la situation se dégrade pour les réfugiés afghans : outre des droits qui ne sont pas toujours respectés, les autorités de ces deux pays procèdent depuis plusieurs années à des expulsions massives. Chaque jour, 5000 Afghans quitteraient le Pakistan en raison des pressions exercées par les autorités pakistanaises. Ils seraient ainsi 200 000 à être retournés en Afghanistan depuis le début de l’année 2016, ce qui représente un enjeu important pour les autorités afghanes et qui inquiète les organisations humanitaires. En Iran, où les réfugiés sont souvent victimes de violences, des milliers d’Afghans ont même été recrutés de force pour combattre en Syrie aux côtés des troupes de Bachar al-Assad. Majoritairement issus de la minorité chiite des Hazaras, ils seraient entre 10 000 et 20 000.

Parallèlement, le nombre de déplacés internes (les personnes qui ont fui leur région d’origine tout en restant à l’intérieur des frontières afghanes) a presque triplé en trois ans. Le pays abrite en 2016 1,2 millions de déplacés internes contre 500 000 en 2013. Dans un rapport, Amnesty International décrit des conditions de vie déplorables dans les camps destinés à accueillir ces déplacés, ainsi que les violences qu’ils subissent de la part de la police afghane et de l’armée.

Une jeune afghane dans un camp de déplacés internes. En 2016, le nombre de déplacés internes atteint 1,2 million en Afghanistan. Beaucoup d’entre eux vivent dans des camps. Photo IRIN News
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